23/11/2009



Monsieur le vice Premier Ministre de l’Etat d’Israël,
Mon Général,
Monsieur le Président du Groupe Parlementaire UMP à l’Assemblée Nationale,
Mon Cher Jean-François,
Monsieur le Président du Groupe Parlementaire France-Israël à l’Assemblée Nationale,
Mon Cher Claude,
Monsieur l’Ambassadeur d’Israël à Paris,
Monsieur le Grand Rabbin de Paris,
Monsieur le Président d’Honneur de France-Israël, mon Général,
Monsieur le Président du CRIF,
Messieurs les vice-présidents du CRIF,
Monsieur le Président du Consistoire,
Messieurs les Présidents des différentes communautés,
Mes Chers Amis,
Je n’ai pas besoin de souhaiter la bienvenue à nos deux invités d’honneur.
Puisqu’ils sont ici chez eux à France-Israël.
Pas besoin, pour vous Monsieur le vice-premier ministre, puisqu’il y a deux ans, vous nous avez déjà fait l’amitié de venir nous parler en compagnie de Benjamin Netanyahou dont je m’honore d’être l’ami.
Il n’était pas premier ministre, vous n’étiez pas vice premier ministre, c’est chose faite et bien faite.
Pas besoin, pour toi non plus cher Jean-François, laissons tomber le voussoiement hypocrite, que je connais depuis bien longtemps et qui a fait toi aussi un fort beau parcours, puisque tu es membre de notre Comité Directeur.
Je ne vous souhaite donc pas la bienvenue chez vous, mais je vous remercie du fond du cœur de nous faire l’honneur de votre amicale présence.
Du fait qu’il ne s’agit pas d’une soirée de gala même si, bien entendu, elle n’exclue pas le plaisir de nous retrouver ensemble, je me sens autorisé, sans vouloir jouer ni les imprécateurs, ni les Cassandre, pas plus que les Jérémie, à vous dire l’inquiétude que nous inspire le temps présent.
L'Histoire, on le sait, est tragique. L'Histoire juive, plus encore.
Les deux sont toujours mêlées, tant la haine de la chose juive est avant tout la haine de la civilisation pacifiée.
Il semble en cette fin d'année que les mauvais signes s'accumulent qui voudraient redonner un tour dramatique à l’ histoire d'un peuple qui s'était presque habitué à vivre sinon dans la paix, au moins dans la dignité retrouvée.
De méchantes nuées s’amoncellent, en effet, au-dessus de l'État qui porte le nom et les espérances de la très grande majorité des juifs d'aujourd'hui, et qui n’aspire qu’à la paix avec ses voisins, à commencer par le peuple qui a en commun d’aimer comme lui la même terre.
Jamais depuis la renaissance d'un État juif souverain, en période faussement calme, la haine, la détestation, le dénigrement quotidien, systématique, disproportionné, obsessionnel, n'avaient atteint un tel paroxysme :
- montée en puissance d'un État voyou déterminé à se donner les moyens de contraindre et de détruire, et que rien ni personne au moment où je parle, n’a été dans la capacité de contrarier les funestes projets,
- encerclement géographique par des milices terroristes fanatisées, utilisant leur population, qu’elle soit complaisante ou otage, comme autant de boucliers protecteurs,
- En adjuvant à cette perversion cynique des principes humanitaires, dévoiement de la justice internationale pour priver l’Etat juif d’une de ses raisons d’être : son droit à la légitime défense, lorsqu’il est, comme cela a été le cas, agressé au moment même et parce qu’il avait consenti des concessions territoriales.
Cela par la mise en accusation jubilatoire –qui se suffirait presque à elle-même tant le plaisir de la mise au ban est grand, sur la foi d'un rapport qui en est dénué par un tribunal de pacotille formé de bandits de grand chemin pour répondre de l’accusation du crime rituel des temps modernes : se repaître du sang des enfants de Palestine.
Mais le plus grand scandale réside peut-être dans le fait qu’une telle parodie n’entraîne plus aujourd’hui que l'indifférence d’un monde occidental dont les âmes molles des hommes commencent peu à peu à s’habituer à l’exécrable.
Comment ne pas voir dans l’indifférence générale de ceux qui ont pour mission de tracer le chemin ou de décrire la réalité des faits, une véritable trahison de nos nouveaux clercs politiques et médiatiques.
À commencer par la première démocratie mondiale qui, en dépit de ses premiers mécomptes, semble ne pas avoir renoncé à se faire tendre, docile et patiente envers les radicaux, revêche et lunatique envers son allié de toujours.
Et ce n'est pas notre pays, la France, qui pourrait contribuer à nous rendre, pardonnez-moi, d’humeur forcément plus guillerette.
Certes, il existe désormais –je dis bien désormais- à la tête de ce pays, à son sommet, comme à la tête du groupe majoritaire, des hommes qui n’ont plus à démontrer une amitié pour Israël, qui n’exclut certainement pas, bien au contraire, la critique constructive et réciproque.
Mais, d’abord et avant tout, il existe une désinformation aussi insidieuse que permanente, tellement répétée qu’elle s’est transformée en vérité officielle qui rend quasi inaudible le discours de la vérité.
Et la vérité la voilà : ce ne sont pas les prétendues « colonies » qui sont l’obstacle majeur à la paix, pour preuve, le premier ministre Barak a proposé en pure perte à Yasser Arafat leur démantèlement et s’est heurté et à un refus et à une intifada.
Le premier obstacle à la paix demeure le refus par la partie arabe d’accepter sur une partie de la Palestine mandataire un Etat juif souverain.
Tout le reste n’est qu’obstacle second.
Mais qui ose le dire encore en France aujourd’hui sous peine de passer pour un propagandiste obtus ?
Il n’y pas que cela.
Des bandes déterminées, organisées, puissamment financées, profitant de bouleversements démographiques en rien maîtrisés, dont il est de très mauvais goût de seulement s’inquiéter, contribuent puissamment à la détestation d'Israël et de son peuple.
Le boycott de ses produits, de son agriculture, de sa Culture, pourtant rayonnante, commence à devenir naturel.
Des femmes voilées ou en burkha pénètrent violemment dans les supermarchés pour empêcher leur vente dans un étrange silence.
Notre soirée, comme toutes les soirées de soutien à l'État juif, sont désormais perturbées au mépris de la liberté de réunion.
Des menaces de mort on été proférées pour tenter d’empêcher celle-ci.
Une idéologie délétère qui se croit progressiste a passé une alliance objective avec l'islamisme le plus rétrograde dans la rue comme dans les médias. Nos deux invités d'honneur, en sont, de manière significative, les témoins à des degrés certes très différents : Moshe Yaalon, ancien chef d'état-major victorieux de la seconde intifada, celui qui a permis, dans le respect des principes éthiques de l'armée la plus respectueuse de vaincre le terrorisme le plus abject, est l’objet de calomnies par un troupeau bêlant de compagnon de route de la haine sanguinaire. En insultant ce héros au cuir tanné, c’est l'ensemble des démocraties qui ne veulent pas mourir qui est calomnié ; Et ce n'est pas un hasard, si toi, Jean-François, récemment sur un plateau de télévision tu as pu être abusé par un histrion qui, auréolé de son statut d'artiste et de sa popularité du moment, s'est cru affranchi du devoir de dire la vérité et a inventé le mythe d'un prisonnier d'opinion en Israël, qui n'est en réalité qu'un terroriste condamné judiciairement.
Il ne serait pas venu à l’idée de ce donneur de leçon de morale, de réclamer la liberté d’un jeune homme, aussi français que Salah Hamouri, qui n’a voulu assassiner personne et qui est en train de croupir dans le noir d’un cachot de Gaza, sans nouvelles de ses parents, et sans visite de la Croix Rouge internationale.
Mais ce type de mensonge, cette manière de transformer les criminels en victimes, est répété chaque jour des milliers de fois à la manière, nous avons hélas, le droit de faire cette comparaison, d'un ministre de la propagande du Troisième Reich.
En réalité, comment pourrait-il en être autrement à l’heure où, pour une jeunesse occidentale acculturée et mystifiée, la notion d'identité nationale sent le soufre, à l'heure où l'évocation de la terre ancestrale relève du propos maréchaliste, à l’heure où la référence à l'Histoire tient de la réaction passéiste, à l’heure où les frontières sont considérées comme autant d’obstacles égoïstes, comment l'État d'un peuple, tout encore dans l'ivresse d'avoir recouvré la terre de son passé, son indépendance nationale, et toujours et encore condamné à défendre bec et ongle ses frontières existentielles, n'incarnerait-il pas le modèle à détester par excellence ?
Mais que l'on ne s'y trompe pas, et je l'ai répété maintes fois, la détestation de la France que nous aimons, de sa nation, de son État, de son passé est de la même farine et du même mauvais levain. Ses ennemis ne puisent pas leur haine, comme on est arrivé à le faire croire dans leur prétendue misère ou leurs improbables souffrances, mais dans la faiblesse d'une nation incertaine de sa légitimité.
Mais nous, France-Israël, amis d'Israël et de la France, de toutes origines, nous savons bien tout cela, nous puisons précisément notre amour pour ces deux pays, notre détermination, notre énergie dans leur détestation désespérante, ils croient pouvoir nous abattre ou nous intimider : leur haine maladive nous renforce.
C’est vrai, ils pensent vaincre et subjuguer parce qu’ils sont la multitude.
Mais nous, nous sommes l’Humanité.
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