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« A qui la faute, Juju ? », G.W. Goldnadel

BLOG-NOTE DU 28 JUIN 2010

sur le Blog de l’auteur

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A QUI LA FAUTE, JUJU ?

 


Je disais l'autre jour à Julien Dray qu'il n'avait pas tort de soutenir qu'une bonne part des critiques à l'encontre de l'équipe de France visait, en réalité, l'idéologie du métissage.

Mais honnêtement, à qui la faute ?

En 1998, je contribuais à la publication d'un ouvrage collectif intitulé «Une idée certaine de la France» (France Empire) aux côtés, notamment, d’Éric Zemmour, Georges Fenech, et de mon cher et regretté Christian Jelen.

J'y commettais un «journal d'été», dans lequel j'écrivais :

«Paris, 12 juillet : la France en finale. Pas de journaux. Tout va bien.

Paris, dimanche 26 juillet : 15 jours, je le confesse, il m'a bien fallu 15 jours pour digérer tout ça.

L'effet «Mondial».

La France qui gagne, la ligne Maginot de la défense qui tient. Les Français qui descendent dans la rue, qui s’aiment, toutes races, toutes classes confondues.

Les Français n'ont plus honte de se draper dans leur drapeau et de chanter leur chanson.

Grâce à tous, avouons-le gaiement, aux Blancs, aux Blacks, ivres de joie et de fierté et jusqu'à Le Pen qui les engueulait hier encore de ne pas chanter la Marseillaise !

On aurait vraiment tort de bouder l'occasion exceptionnelle, prétexte futile à toutes les intégrations profondes.

Mais aussi, quelle erreur d'appréciation. Le triomphe de la France multiraciale... À nouveau, gare au détestable esprit de système racial façon MRAP ou FN, gentil Zidane, méchant Mohammed.

Quel instant au contraire unique de pouvoir assimiler dans les meilleures conditions possibles les plus récalcitrants et de décréter une vraie pause digestive.

Mais quel rapport avec la béate apologie du métissage ?».

 

À peu près à la même époque, dans Le Figaro, je créais, à propos de l'affaire Simpson, un néologisme : la «xénophilie», dont je disais qu'elle n'était que l'autre face de la xénophobie.

Je dénonçais l'obsession du racisme qui n'était que la poursuite post-shoatique de l'obsession de la race.

Les choses, depuis, ne semblent guère avoir changé.

Avant-hier, le Président de la République s'est fait insulter par Mohammed, de la Courneuve.

Sans reprendre expressément l'injure, le sens général reprenait grosso modo la même idée-force contenue dans les propos proférés par Anelka à l'égard de son entraîneur et qui aurait dû théoriquement choquer les contempteurs les plus intransigeants de l'homophobie.

En outre, Mohammed tenait à préciser au président élu qu’il n'était pas chez lui dans sa cité.

Débat sur le sujet chez Calvi entre Alain Finkielkraut et Denis Olivennes.

À un Finkielkraut qui observait sans surprise que le respect des institutions républicaines se perdait, le patron du Nouvel Obs objecta avec quiétude que nous vivions désormais dans un climat de licence verbale.

C'était pourtant le même qui, il n'y a pas  six mois, expliquait doctement que le politiquement correct avait cela de bon qu'il empêchait le retour du refoulé haineux.

 

Hé oui. On peut insulter Sarkozy, on peut cogner Berlusconi, on peut réserver au journaliste irakien qui a balancé sa babouche sur le président américain, un accueil confraternel.

Mais tutoyer un contrevenant ! Blaguer lourdement avec un immigré !

Allez, vas-y, où il est le respect ?

 

© G.W. Goldnadel

 

 

Mis en ligne le 2 juillet 2010, par Menahem Macina, sur le site france-israel.org



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