06/08/2012



Extrait de sa dernière chronique sur Atlantico - www.atlantico.fr du 06/08/12 : "En Grèce aussi, un double discours hypocrite régit les débats sur l'immigration"
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Entre droits de l'hommisme et antisionisme
Alors que la Syrie s’enfonce, jour après jour, nuit après nuit, dans une horreur sans fin. Alors que l’Egypte, elle aussi est menacée par les djihadistes quand ce n’est pas tout simplement par les Frères musulmans, le Monde n’a pas trouvé plus urgent que de publier un articulet émanant d’un responsable de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) que je ne connais pas et de Michel Tubiana, représentant d’une organisation euro-méditerranéenne que je connais et dont la finesse d’analyse ne m’a jamais beaucoup frappé. On aurait pu penser qu’eu égard au malheur des populations de Syrie, ces droits de l’hommistes auraient pu enfin sortir de leur torpeur.
A longueur d’éditoriaux, je me suis ici étonné combien les rues de Paris étaient vides de ces manifestants en kéfié, pourtant toujours alertes lorsqu’il s’agit de défiler pour Gaza et Ramallah.
Et bien non, messieurs Souhayr Belhassen et Michel Tubiana n’ont pas trouvé plus urgent que de pondre un article dans lequel ils réclament la fin de la complaisance européenne à l’égard d’Israël. Dans une argumentation assez surréaliste, ils expliquent que les peuples arabes étant sur le point de conquérir leur liberté, il doit en être de même pour le peuple palestinien. Droits de l’homme ! Droits de l’homme ! Que de cochonneries on commet en ton nom !
"Terre promise, trop promise" de Nathan Weinstock
Dans ce cadre de réflexion, je ne saurais trop recommander la lecture de l’ouvrage édifiant de Nathan Weinstock récemment publié chez Odile Jacob et intitulé « Terre promise, trop promise ». Nathan Weinstock est un juriste et historien clairement engagé à gauche mais qui n’a certainement pas renoncé à l’objectivité intellectuelle. Il a été pourtant l’auteur dans ses vertes années d’un très antisioniste « Le sionisme contre Israël » dont il se repent quelque peu aujourd’hui, avec humour. Quoi qu’il en soit, son livre roboratif est riche d’enseignements qui prendront à rebrousse-poil bien des lecteurs :
Chez les uns, il heurtera ceux qui pensent, contre moi, que le peuple arabe de Palestine n’est qu’une chimère. Weinstock montre comment, au moins depuis 1920, celui-ci était déterminé à s’organiser politiquement.
Chez les autres, Weinstock montre combien dès le départ ce mouvement national indiscutable a été travaillé par l’islamisme et l’antisémitisme les plus obsessionnels. Il montre également, documents à l’appui, comment dès 1920 les afides du grand Mufti de Jerusalem était déterminés à procéder à une épuration ethnique. Au besoin, en terrorisant au préalable et en assassinant les arabes plus modérés, enclins au compromis.
Les choses ont-elles tellement changé depuis ?
Gilles William Goldnadel
06/08/12
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