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01/08/2012
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Ce que pensent vraiment les iraniens… Et comment les aider ?

iran-coeur-main.jpgDans les sociétés totalitaires, les gens se méfient de dire aux autres ce qu’ils « pensent vraiment. » Compte tenu de la capacité du gouvernement iranien à réprimer ses opposants internes, nous devrions être extrêmement méfiants des sondages d’opinion publique : le peuple iranien ne parle tout simplement pas ouvertement, et encore moins à un sondeur d’opinion qui leur est inconnu. Les Iraniens ne sont libres de parler que dans un cercle de connaissances très restreint.

Mais cela ne signifie pas que nous ne pouvons pas savoir ce qu’ils pensent. Dans de telles circonstances, le mieux est de décrypter les petites blagues du quotidien ou les proverbes locaux actuels. Et en regardant de près, ce sont les dirigeants de ladite République Islamique qui en prennent le plus dans la figure : les Iraniens savent visiblement insulter leurs dirigeants subtilement, sans faire de référence directement aux tyrans qui les gouvernent.

Par exemple, un satiriste célèbre, connu sous le nom d’Aali Payam, qui se tenait récemment devant un public en Iran, a dit : « Je ne vais pas parler des élections… Nous sommes à un moment sensible… Ils [le gouvernement iranien] ont pris un collègue pour un interrogatoire et lui ont demandé :
- Ne comprends-tu pas que nous sommes dans une période sensible ?
Le collègue a répondu : Nous sommes dans une période sensible depuis 333 ans.
- Avez-vous entendu ce que Kadhafi a dit à Saddam [depuis qu'ils sont en enfer] : prépare-toi, on va avoir un nouvel invité. Un de ces jours, Bachar el Assad va arriver. »

Comme le satiriste ne peut pas critiquer le gouvernement iranien directement, il reporte donc son humour sur Assad, l’allié le plus fort des Iraniens… Surtout depuis que les autres alliés sont morts (Saddam Hussein, Kadhafi).

Dans une vidéo intitulée « 2 + 2 = 5″, les choses sont dites encore plus clairement. Des élèves d’une école élémentaire sont dans une classe. Soudain, le professeur arrive et les garçons arrêtent instantanément leur gouaille. Le principal de l’école, à travers le système de sonoriation, prend la parole et indique de nouvelles règles d’éducation.

Puis, l’enseignant écrit au tableau : 2 + 2 = 5. Un jeune garçon démentira affirmant que cela fait 4. L’enseignant répète sévèrement 2 + 2 = 5, et ordonne au garçon d’écrire cette vérité dans son cahier.

La plupart des élèves suivent les instructions de l’enseignant, mais d’autres insistent sur le fait que la réponse est 4. Un instant plus tard, trois étudiants plus âgés avec des brassards rouges entrent dans la classe et un des élèves qui a crié « 4″ est puni. L’enseignant lui ordonne de venir au tableau pour écrire le résultat de l’addition 2+2. Mais le garçon écrit 4. Les trois élèves les plus âgés, avec leurs brassards rouges, sortent les armes et tirent. Le sang jaillit. Le garçon tombe au sol. L’enseignant demande alors que les trois garçons avec des brassards rouges « fassent disparaître ce truc de la salle ». Les autres enfants sont pétrifiés. Le professeur leur dit d’écrire dans leurs livres 2 + 2 = 5. Tous le font. A l’exception d’un autre garçon qui l’a fait et qui a effacé le 5 pour y mettre un 4. [Note : Cette vidéo a été clairement créée par les Iraniens à l'étranger : elle a des sous-titres en anglais et en thaï.]

Lorsque les Iraniens fuient leur pays, ils ne sont généralement pas tout à fait prêts à dire ce qu’ils pensent vraiment de la dictature terrible dans laquelle ils vivent. Ils savent que les membres du régime iranien sont habiles à espionner les Iraniens à l’étranger et pourraient menacer leurs parents qui vivent encore en Iran. Dans les sociétés totalitaires, on ne peut faire confiance qu’à la famille et l’Iran ne fait pas exception à cette règle.

Au cours de l’année écoulée, les Iraniens ont trouvé de plus en plus de moyens différents pour communiquer avec leurs amis et parents à l’étranger, par des moyens qui devraient encourager le monde à faire monter la pression sur le régime.

Il est maintenant très fréquent d’entendre les Iraniens dire que la vie devient insupportable en Iran. Au cours de la dernière année, le coût de la vie est devenu si cher que les gens de la classe moyenne ne peuvent plus vivre dignement. Les gens en ont tellement assez qu’ils prennent aujourd’hui le risque de dire à leurs amis à l’étranger : « vivement la fin du régime pour retrouver une vie normale. »

Tout au long de l’histoire, quand les Iraniens considéraient leurs dirigeants comme faibles et que le peuple avait des soutiens forts à la fois à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur, les Iraniens se sont révoltés. Nous n’avons pas à bombarder les centrales nucléaires pour les aider (beaucoup d’Iraniens à l’intérieur du pays s’opposent à une attaque tous azimuts sur les installations nucléaires, et non pas à cause de patriotisme iranien, mais parce qu’ils risquent de mourir dans l’attaque). Beaucoup d’Iraniens seraient cependant profondément reconnaissants de tous les autres types d’aide.

Cela pourrait inclure tout ce qui montre que nous ne soutenons pas le régime, allant de la réprimande publique à propos des violations des droits de l’Homme, à la condamnation sur la façon dont la dictature écrase les révoltes, cela passe aussi par la fourniture de moyens de communication à l’opposition… Et la prochaine fois qu’un navire iranien provoque un navire américain, ce dernier devra répondre avec force, soit en prenant le contrôle du navire, soit en interpellant les marins iraniens…

Mais jusqu’à présent, nous manquons toutes les opportunités. Le 28 juillet par exemple, le ministre syrien des Affaires étrangères s’est rendu à Téhéran pour rencontrer son homologue iranien. Après la réunion, ils ont tenu une conférence de presse commune, où ils faisaient la promotion de la haine, de leur colère, de la future destruction de leurs ennemis, etc. Nous aurions pu condamner cela. Mais jusqu’à présent, ni l’Europe ni l’Amérique n’ont réagi. Pour le peuple iranien, notre absence de réaction révèle notre faiblesse et montre qu’ils n’ont pas l’appui extérieur pour agir contre leur régime.

Aider les Iraniens à se libérer est une situation gagnant-gagnant pour l’Occident et contribuerait à sortir le peuple iranien de sa misère, tout en sécurisant enfin une région qui en a terriblement besoin.

Par Bahman A. – JSSNews

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01/08/12



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