25/07/2012



La guerre civile en Syrie prenant un caractère de plus en plus marqué par l’ethnicité, les échos des affrontements se font entendre au-delà de la frontière, au Liban.
La guerre civile en Syrie prenant un caractère de plus en plus marqué par l’ethnicité, les échos des affrontements se font entendre au-delà de la frontière, au Liban.
Là, un nombre croissant de sunnites libanais sont prêts à s’opposer au Hezbollah et à soutenir leurs « coreligionnaires » sunnites en Syrie.
Le principal bénéficiaire des soulèvements arabes de cette dernière année fut l’islam sunnite. Et en Syrie, les sunnites jouent un rôle de plus en plus important dans la rébellion contre Bachar el-Assad.
Au Liban aussi, des mouvements de ce type émergent, défiant la force politique dominante dans le pays – le Hezbollah.
Le nord du Liban, en particulier la ville de Tripoli, est un centre à la fois de l’islam sunnite et du soutien à la rébellion.
La ville est devenue un lieu de rassemblement des combattants djihadistes de l’étranger dans leur lutte contre le régime d’Assad.
Le sort du Liban a toujours été extrêmement influencé par la vie de son puissant voisin, pour le plus grand drame des libanais.
Actuellement, le régime d’Assad et le Hezbollah font partie du même axe régional, lié à l’Iran. La plupart des sunnites libanais n’acceptent pas la domination exercée de facto par les musulmans chiites du Hezbollah.
Et nombreux sont, parmi les sunnites, ceux qui sont désormais prêts à lancer un mouvement de résistance sunnite à la fois pour contester la prédominance de la milice chiite, et pour soutenir la rébellion en Syrie;
Le problème majeur pour la formalisation de cette opposition sunnite est l’absence de leadership dans leur communauté.
Le mouvement du « 14 Mars » dirigé par Saad Hariri, a été rapidement balayé dans les rues par la milice chiite en 2008.
Peu de sunnites aujourd’hui voient Hariri comme un leader potentiel : la stratégie du mouvement du 14 Mars était de s’opposer aux armes du Hezbollah par un appel à la légalité internationale. Ce fut un échec, et Hariri a perdu les élections.
En l’absence de leader politique, la contestation, comme souvent dans les pays arabes, va s’identifier à un leadership religieux, en la personne du cheikh Ahmad al-Assir, l’imam de la mosquée Bilal Ibn Rabah à Sidon.
Celui-ci a, à plusieurs reprises, lancé de vives critiques à l’égard du Hezbollah.
Mais Assir est avant tout un salafiste radical.
Le 23 Juin, dans une interview sur Al-Jadeed TV, Assir semblait lancer un défi direct au Hezbollah. « Soit nous vivons comme des partenaires « , a-t-il dit, « ou bien, je jure par Dieu, ô Hassan Nasrallah et Nabih Berri, que moi, Ahmad Assir, verserai chaque goutte de mon sang pour vous empêcher de vivre jusqu’à ce que l’équilibre soit rétabli au Liban. »
Deux jours plus tard, des hommes armés tiraient sur les bureaux d’Al-Jadeed TV.
Assir a lancé une manifestation permanente à Sidon.
Il a juré de maintenir cette manifestation jusqu’à ce que la question des armes du Hezbollah (que la milice détient illégalement au regard de la loi libanaise) soit résolue.
Par ailleurs, des combats ont lieu au Liban même et les volontaires sunnites libanais qui passent la frontière vers la Syrie pour combattre les forces du régime de Bashar Al Assad sont de plus nombreux.
Il est aujourd’hui impossible d’imaginer quelle forme et quelle ampleur prendront la contestation sunnite au Liban.
Mais on peut imaginer que ces sunnites, minoritaires au Liban, trouvent politiquement utile de s’allier de manière formelle à la majorité sunnite en rébellion contre le régime en Syrie.
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23/07/12
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