23/07/2012



Au moins 500 soldats syriens et une cinquantaine de véhicules militaires (dont des chars), sont entrés dans la zone démilitarisée de la frontière avec Israël. Un mouvement offensif qui « constitue un cassus-belli » pour l’armée israélienne, jointe par JSSNews par téléphone peu après 1h00 du matin (heure de Jérusalem) ce 23 juillet. Dans un pareil cas, Israël a agi en conséquence en suivant le « protocole », à savoir en commençant par déposer une plainte auprès des Nations Unies.
Transgresser le no-man’s land situé sur le plateau du Golan, position stratégique qui domine (en altitude) la région nord d’Israël, est une violation flagrante des accords signés en 1974 entre les deux pays. L’intrusion syrienne dans cette zone pourrait avoir d’importantes implications pour la sécurité et la stabilité de la région. Israël se dit, dans la plainte adressée à l’ONU «très inquiet de ces actions de l’armée syrienne».
Cette frontière, calme d’habitude mais particulièrement agitée lors de la journée de la Nakba, est d’autant plus stratégique qu’elle se trouve à un carrefour sensible de la géopolitique du Proche Orient : de là, en un coup de canon, un boulet peut toucher Israël, la Syrie, la Jordanie et le Liban.
L’ambassadeur adjoint d’Israël à l’ONU Haïm Waxman, dans sa plainte au Conseil de sécurité, affirme que le «19 juillet, au beau milieu de combats entre forces de sécurité syriennes et d’autres éléments armés près du village syrien de Jubata Al Khashab, des soldats syriens ont franchi la zone de séparation mise en place par l’accord signé en 1974 sur la séparation des forces d’Israël et de la Syrie».
Israël a gagné le plateau du Golan lors de la guerre défensive de 1967, ce qui, théoriquement, lui donne le droit de conserver ad-vitam eternam cette terre.
La zone démilitarisée sur le plateau du Golan, d’une largeur de 3 à 6 km, est sous la responsabilité de la Force des Nations unies chargée d’observer le dégagement sur le plateau du Golan (Fnuod), qui comprend un millier de soldats venus de plusieurs pays chargés de contrôler l’application de l’accord de 1974.
L’annonce de la plainte d’Israël survient au moment où la tension monte entre les deux pays. Ehud Barak a prévenu qu’Israël ne tolérerait pas que des armes chimiques syriennes soient transférées sur le sol libanais entre les mains du parti chiite Hezbollah, allié du régime syrien de Bachar al-Assad.
La Jordanie et les Etats-Unis sont également sur le pied de guerre: si les armes bactériologiques d’Assad venaient à arriver dans les mains du Hezbollah, il ne faudrait que quelques minutes aux porte-avions américains stationnés en mer Rouge ou Méditerranée pour qu’ils autorisent le lancement d’une grande opération aérienne. Les troupes d’infanterie et aérienne de Jordanie et d’Israël sont, elles, en position d’observation mais sont prêtes à intervenir pour éviter ce qui pourrait être une véritable catastrophe pour tout le Moyen-Orient.
Jonathan-Simon Sellem – JSSNews
Légende photo : Le Ministre israélien de la défense sur le Plateau du Golan le 19 juillet 2012
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23/07/12
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