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25/06/2012
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Israël, Nation d’entrepreneurs !

israel-innovation.jpgDeuxième pays le plus représenté au NASDAQ devant l’Inde, la Chine, ou encore la Grande Bretagne, Israël s’est imposé comme un des pays moteurs en matière d’innovation et d’entrepreneuriat depuis trente ans. La phrase de Gary Shainberg, vice-président en charge de la technologie et de l’innovation chez british telecom est très éclairante sur la réalité israélienne : « Il y a plus d’idées innovantes […] venant d’Israël que de la Sillicon Valley ». Israël avait pourtant dans son jeu de nombreux handicaps : création récente de l’Etat israélien, pays multiculturel (on compte plus de 70 minorités en Israël), pays en conflit avec la plupart des pays arabes… Malgré ces freins, Israël est parvenu à surmonter ces obstacles pour devenir un des pays d’entrepreneurs. Quels sont les ressorts de ce miracle ?


La « chutzpah », culture de l’impertinence

Au milieu des années 2000, Shai Agassi, jeune entrepreneur avance une idée totalement révolutionnaire : préparer l’après-pétrole en mettant en place un modèle de développement pour la commercialisation de véhicules électriques. En 2011, la firme Renault commercialise la première voiture intégralement électrique. Entre temps, Saïd Agassi aura bataillé ferme pour convaincre un à un les investisseurs de la viabilité de son projet. Cette anecdote est emblématique de l’état d’esprit d’Israël. Si Israël est un une terre de création, c’est avant tout du fait de sa culture et du climat de confiance qui y règne. En dépit des vives oppositions qu’il a rencontrées, le jeune chef d’entreprise ne s’est pas découragé. Avec beaucoup d’audace et d’impertinence, il est parvenu à convaincre le PDG de l’une des plus importantes entreprises automobile mondiale. Ce climat se résume en un mot : « chutzpah », terme difficilement traduisible en Français qui renvoie à cette forme d’audace. Israël est ainsi le pays dans lequel il est le plus facile de recréer une société y compris après une faillite.
La culture israélienne s’appuie essentiellement sur l’individu et le refus de la hiérarchie stricte. La structure de l’armée israélienne, en sous-effectifs au sommet accorde une place importante à la prise d’initiatives et à la créativité. Dans la mentalité israélienne, la critique envers les supérieurs est non seulement un droit, mais aussi un devoir afin d’inciter à la remise en cause perpétuelle. Pour autant, en dépit de cette foi en l’individu, un lien de cohésion très fort existe notamment grâce au service militaire. Obligatoire (sauf pour les juifs orthodoxes), il favorise la cohésion nationale. Après une période d’engagement au sein de l’armée, les jeunes israéliens deviennent réservistes et retrouvent chaque année leur unité. En créant une expérience de vie collective commune à tous et en permettant un véritable brassage social, le service militaire contribue à créer un lien national fort capable de souder l’ensemble du peuple israélien.

Des politiques volontaristes pour doper la croissance

Israël a cherché à tirer profit de ces atouts en mettant en place une politique volontariste : entre 1948 et 1970, le PIB israélien a été multiplié par quatre grâce à une croissance de 10% par an en moyenne. Au cours de cette période, l’Etat israélien a mis en œuvre une politique d’investissements publics ambitieuse afin de permettre au pays de se doter des infrastructures nécessaires pour préparer la croissance. Au milieu des années 1980, sous l’impulsion de Shimon Peres est lancé un vaste plan de privatisations et d’encouragement à l’investissement privé.  Cette dynamique prend un tournant en 1993 avec le programme Yozma qui vise à développer les sociétés de capital-risque. 100 millions de dollars sont investis pour créer dix fonds de capital-risque, chacun cogéré par les nouveaux capital-risqueurs israéliens, une société étrangère de capital-risque et des fonds publics. En permettant aux sociétés de capital-risque étrangères de racheter les parts publiques à moindre frais, Israël espère attirer le savoir-faire américain. L’initiative est un succès : 70 sociétés de capital-risque existent désormais en Israël contre trois seulement en 1993 ! Près de 700 millions de dollars sont consacrés chaque année au financement de sociétés privées.
Israël bénéficie enfin d’un important support de l’industrie militaire. Grâce à l’existence de liens étroits entre le secteur civil et militaire, de nombreuses avancées technologiques ont pu voir le jour, y compris dans des domaines apparemment isolés. En 1988, Israël rejoint le club fermé des pays disposant de satellites grâce à son savoir-faire militaire. Plus surprenant, les pilcams (« caméras pillules ») utilisées par la médecine sont le produit d’un transfert de technologie militaire.

Grâce à sa culture et à sa politique volontariste, Israël a su faire de ses obstacles une force. Un des défis essentiels fixé par Israël pour les prochaines années sera celui de la croissance verte. Par leur modèle innovant, les Israéliens démontrent chaque jour qu’il est possible d’apporter des solutions inventives pour surmonter les contraintes. Israël laisse ainsi entrevoir de nombreuses perspectives de refondation de la croissance. L’innovation et la création sont les conditions indispensables pour relever les défis de demain : la place de la France dans le monde qui se dessine dépendra de sa capacité à innover, inventer, créer. Israël fournit de ce point de vue une source d’inspiration incontournable.

Par Florian Zito – le blog de Jonas Haddad - JSSNews

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25/06/12



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