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07/06/2012
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Syrie : après Houla un nouveau massacre à Koubair, la Russie ouverte à un départ d’Assad

syrie-massacre-koubair.jpgUn nouveau massacre, encore plus immonde que celui de Houla selon l’opposition où des femmes et des enfants brûlés ont été vifs dans leurs maisons., a été perpétré hier à Koubair, dans le Rif de Hama, où les forces de sécurité ont tué près de 100 personnes

Plus de 100 personnes ont trouvé la mort mercredi lors d’un massacre perpétré aux alentours de la ville syrienne de Hama (centre), rapportent jeudi les agences occidentales citant le porte-parole du Conseil national syrien (opposition) Mohammed Sermini.

« Une centaine de personnes, dont près de 20 femmes et près de 20 enfants, ont été tuées dans les villages d’al-Koubeir et de Maarzaf », a fait savoir M.Sermini.

Selon l’opposition, la tuerie a été commise par les forces gouvernementales syriennes.

Le gouvernement syrien a démenti jeudi que tout massacre ait eu lieu, accusant dans un communiqué à la télévision officielle « un groupe terroriste d’avoir commis un crime haineux dans la région de Hama qui fait neuf victimes ». « Ce que quelques médias ont rapporté sur ce qui s’est passé à al-Koubeir, dans la région de Hama, est complètement faux », a indiqué le gouvernement dans un communiqué à la télévision officielle.

100 morts, des femmes et des enfants brûlés vifs dans leurs maisons.

Un nouveau massacre, encore plus immonde que celui de Houla selon l’opposition, a été perpétré hier à Koubair, dans le Rif de Hama, où les forces de sécurité ont tué près de 100 personnes (78 selon l’Armée syrienne libre, l’ASL, et 100 selon le Conseil national syrien, le CNS).

Pour l’ASL, ce massacre est pire que celui de Houla, la moitié des victimes étant des enfants. Selon un militant de la région, l’ampleur du massacre a été telle que « seulement quatre personnes sont restées en vie, l’armée loyaliste ayant brûlé vifs dans leurs maisons des femmes et des enfants ». Il a en outre ajouté que les forces de sécurité « avaient pris des cadavres de plusieurs jeunes gens. » « Nous avons une centaine de morts dans les villages d’al-Koubair et de Maarzaf, parmi eux une vingtaine de femmes et une vingtaine d’enfants », a déclaré Mohammad Sermini, un porte-parole du CNS, qui a accusé les forces du régime et ses milices d’être derrière ce « massacre ». Il a en outre appelé les observateurs internationaux, chargés de surveiller le cessez-le-feu, en vigueur depuis le 12 avril mais violé quotidiennement, à se rendre immédiatement sur les lieux du drame. Le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, a également parlé d’un « massacre ». Selon lui, le massacre a eu lieu après des bombardements sur les deux villages où des miliciens ont ensuite pénétré et ont tué par balles et à l’arme blanche les habitants.

À Hama même, deux civils ont été tués. Les forces de sécurité procédaient dans la matinée à des perquisitions dans un quartier. À Mzeirib, dans cette même région, dix soldats ont été blessés, certains grièvement par l’explosion de leur bus.

Entre-temps, les combats faisaient rage dans toute la Syrie et le nombre de morts s’élèverait à plus de 140. À Damas, de violents accrochages ont opposé les rebelles aux forces régulières postées à des barrages dans les quartiers de Qaboune et de Techrine. Des tirs nourris ont été entendus dans le quartier de Jobar et une explosion a retenti dans le quartier de Roukneddine. De violents combats ont lieu depuis le matin dans plusieurs localités proches. Dans la nuit, les clashs se poursuivaient dans le Rif de Damas. De violents accrochages ont aussi eu lieu à Harasta, une ville à 10 km au nord-est de Damas, entre « combattants rebelles et membres du siège de la Sécurité politique, des renseignements de l’air ». Des combats ont eu lieu également dans la ville voisine de Douma, à Irbine et à Zamalka, ainsi qu’à Jdeidet Artouz, près de Damas.

Parallèlement la grève observée dans la capitale depuis trois jours, pour protester contre le massacre de Houla, se poursuit toujours, selon les chaînes al-Arabiya et al-Jazira.

Dans la province d’Idleb, de violents combats ont été notés à la périphérie de la ville de Saraqeb, où l’armée utilise des hélicoptères et les rebelles ripostent par des mitrailleuses antiaériennes (Doshka). Trois militaires, dont un officier, ont été tués par l’explosion d’une charge alors qu’ils circulaient près de cette ville. À Jisr al-Choughour, dans la même province, « 14 soldats ont été soit tués soit blessés par l’explosion de leurs voitures », selon l’OSDH. Dans la région de Lattaquié, de violents bombardements ont en outre tué trois civils dans le village de Shirqaq. Trois autres ont péri dans la ville d’al-Hiffa, bombardée depuis mardi par les forces gouvernementales qui tentent d’en prendre le contrôle et qui empêchent les habitants de fuir en fermant toutes les entrées de cette ville.

En outre, des combattants rebelles ont pris le contrôle des sièges de la Sécurité politique et de la police après de violents combats, dans la localité de Salma, un des villages de la Montagne des Kurdes, où un officier rebelle a été tué par des bombardements, toujours selon l’OSDH. Le Conseil national syrien (CNS) a appelé dans un communiqué les observateurs de l’ONU déployés en Syrie à se rendre dans la région d’al-Hiffa.

Dans la région d’Alep, un étudiant a été tué dans des bombardements dans la nuit de mardi à mercredi à Hreitane, où des localités étaient toujours pilonnées hier matin. Deux autres civils ont été mortellement touchés par des tirs près du village Cheikh Issa.


La Russie ouverte à un départ d’Assad

Moscou a fait savoir qu’il ne considérait pas le maintien au pouvoir du président syrien comme une condition préalable au règlement du conflit.

La Russie, allié indéfectible de Damas depuis le début de la révolte, s’est montrée mardi ouverte à un départ du pouvoir du présidentBachar el-Assad, réclamé par l’opposition. Sur le terrain, la Syrie a autorisé mardi l’ONU et des ONG à apporter de l’aide humanitaire dans le pays, où les violences ont fait 47 morts, dont 24 membres des forces gouvernementales tués dans des combats contre des déserteurs, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). « Nous n’avons jamais dit ou posé comme condition qu’Assad devait nécessairement rester au pouvoir à la fin du processus politique », a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov à l’agence Itar-Tass.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, avait jugé fin mai que le départ du président Assad était « le seul moyen de sauver le plan » de l’émissaire de la Ligue arabe et de l’ONUKofi Annan, « faute de quoi la situation risque d’exploser et menacera toute la région ».

Alors que la communauté internationale, divisée, cherche toujours des moyens de faire pression sur le régime Assad, le président russeVladimir Poutine a entamé une visite de trois jours en Chine, consacrée en partie à la crise en Syrie.

La Russie et la Chine, alliées de Damas, sont opposées à toute intervention armée, ainsi qu’au renversement par la force du président Assad. Elles ont opposé leur veto à deux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant le régime syrien pour la répression de la révolte lancée en mars 2011.

La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a appelé Moscou et Pékin à « contribuer à une solution » au règlement du conflit. « Je pense qu’il est assez clair que nous devons tous intensifier nos efforts pour accélérer la transition politique, et cela doit être la principale préoccupation de notre diplomatie », a-t-elle insisté.

« Plan B »

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud Al-Fayçal, a lui aussi appelé la Russie à « passer du soutien au régime syrien à une action en faveur de l’arrêt des combats et d’une transition politique pacifique » en Syrie, assurant que ce changement de position lui permettrait « de sauvegarder ses intérêts en Syrie et dans le monde arabe ». Le prince Saoud a aussi appelé les monarchies du Golfe à se mobiliser pour aider les Syriens à se défendre « face à la machine de mort » du gouvernement de Damas.

Selon diplomates et experts, Kofi Annan, qui doit s’adresser jeudi au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale de l’ONU, commence à entrevoir l’échec de son plan et souhaite que la communauté internationale pèse de tout son poids pour faire respecter ce plan ou qu’elle trouve un « plan B ».

Pressée de toutes parts, la Syrie a autorisé l’ONU et des ONG à apporter de l’aide humanitaire, comme stipulé par le plan Annan, dans quatre provinces.

Après des missions de reconnaissance dimanche, des organisations humanitaires pourront s’installer à Homs (centre), Idleb (nord-ouest), Deraa (sud) et Deir Ezzor (est), pour distribuer une aide alimentaire et médicale.

Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Meqdad a réaffirmé la volonté de Damas de faire réussir le plan Annan et de « protéger la mission des observateurs » déployés pour faire appliquer un cessez-le-feu largement ignoré depuis près de deux mois.

Combats armée-rebelles

Mais Damas a déclaré dans le même temps « persona non grata » les ambassadeurs de plusieurs pays occidentaux, dont les États-Unis et la France, pour riposter au renvoi des ambassadeurs syriens.

À travers le pays, les opérations de répression mais surtout les combats entre armée et rebelles se sont poursuivis, faisant au total 47 morts, dont deux fillettes, selon un décompte de l’OSDH.

Dans la région côtière de Lattaquié (nord-ouest), 22 soldats et 9 combattants de l’opposition ont péri dans des combats dans la zone d’al-Hiffa, selon l’OSDH, qui a aussi évoqué des « dizaines » de militaires blessés.

Dans la région d’Idleb (nord-ouest), quatre civils ont été tués avant l’aube lors d’une « vaste opération militaire » à Kafroueid.

Les forces du régime ont en outre bombardé la ville rebelle de Homs (centre) et pris d’assaut plusieurs localités. L’OSDH a aussi évoqué les assassinats de deux officiers à Deir Ezzor (est) et à Damas.

Conséquence des violences qui se poursuivent, plus de 2 000 Syriens se sont réfugiés ces trois derniers jours en Turquie, a annoncé le centre turc de gestion des situations de crise (Afad), qui dénombre 26 747 réfugiés syriens dans les camps du sud du pays. Au total, les violences qui ont fait au moins 13 400 morts depuis près de 15 mois selon l’OSDH.

Sources :

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06/06/12



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