14/03/2012



Le Moyen-Orient, est un endroit difficile pour les israéliens ces jours-ci. La facture quotidienne comprend la menace iranienne, des changements de régime en Egypte, des émeutes et le génocide en Syrie, et les attaques de roquettes depuis la bande de Gaza. Au Liban, le Hezbollah, organisation terroriste, est en attente des ordres de Téhéran pour ouvrir un nouveau front contre Israël.
En dépit de cette situation problématique, Israël prospère: l’économie israélienne grandit, l’industrie du hi-tech galope à plein rythme, des scientifiques israéliens remportent des prix et l’art et la culture israélienne s’exportent à l’étranger et gagnent honneurs et respect. Cette année, un scientifique israélien a remporté le prix Nobel de chimie – le sixième prix Nobel attribué à un Israélien depuis les 10 dernières années – et seulement quelques semaines, un film israélien a été nominé pour un Academy Award du meilleur film étranger. En effet, le succès est devenu une routine.
Les réussites israéliennes ont de nombreux progéniteurs, mais leur pilote commun est un : l’esprit d’innovation. Comment l’innovation est-elle apprise ? Peut-on l’enseigner ? L’innovation est-elle un atout acquis ou inné ? Et, surtout, est-ce qu’un scientifique sera un jour en mesure de cloner l’ADN de l’innovation israélienne ? Et si elle est clonée, peut-il être exporté ?
Récemment, une délégation de membres du Parlement européen s’est rendue en Israël pour vivre une rencontre sans intermédiaires, sur l’innovation médicale et scientifique israélienne. Alors que l’Europe est aux prises avec une crise économique profonde, une stagnation des indicateurs de l’innovation, une population vieillissante, et une augmentation des dépenses publiques en soins de santé, Israël est en effet un endroit pour apprendre.
Une étude publiée il y a plusieurs mois par un groupe de réflexion britannique The Centre for European Reform, a examiné les raisons de l’échec de l’innovation dans les pays européens. La conclusion principale des chercheurs était que l’innovation exige une attitude de «destruction créatrice». En d’autres termes, pour développer de nouvelles idées, les vieux paradigmes doivent disparaître de manière créative.
Lors d’une visite à l’Institut Weizmann des Sciences, les parlementaires européens se sont réunis avec le professeur Michal Schwartz, un spécialiste de renommée mondiale dans la recherche sur les cellules souches, qui a fourni aux visiteurs une illustration vivante de la notion. Il y a quelques années, le professeur Schwartz a contesté les paradigmes médicaux acceptées dans le domaine de la recherche sur les cellules souches, tandis que d’autres ont critiqués, ignorés et même tournés en dérision ses idées. Mais aujourd’hui, le professeur Schwarz est un leader dans son domaine et une source d’espoir immense pour les patients souffrant de la maladie de Parkinson et d’autres formes de paralysie, qui se tournent vers lui pour trouver des remèdes à leurs souffrances.
Des chercheurs de l’Institut Weizmann ont également été ceux qui ont inventé le Copaxone, un traitement de la sclérose en plaques de premier plan pour l’industrie pharmaceutique. Ce n’est là qu’un exemple parmi d’autres. Israël est l’un des développeurs les plus productifs dans les domaines de la bio-médecine et de la bio-technologie, avec des centres de recherche et développement dans lesquels les israéliens redéfinissent le concept de l’innovation. Des entreprises technologiques de premier plan tels que Google, Microsoft et Intel ont lié leurs succès à la créativité et à l’innovation israélienne, tandis que la communauté bio-médicale, en Israël, est régulièrement courtisée par les sociétés telles que Johnson & Johnson, Pfizer, et bien d’autres.
Dans une interview que Martin Schulz, président entrant du Parlement européen, a donné au Haaretz quand il a pris ses fonctions il y a quelques mois, il a été cité comme disant que l’UE continuera à bloquer la mise à niveau de ses relations avec Israël tant que le processus de paix sera gelé. «La décision du Parlement de bloquer les accords avec Israël découle de l’absence de progrès dans le processus de paix et de notre ambition de faire pression sur le gouvernement israélien pour modifier cette situation », a déclaré M. Schulz.
C’est le paradigme de la vieille Europe, mais un nouveau paradigme européen est nécessaire pour les relations de l’Europe avec Israël. Tout comme l’Europe a besoin de « destruction créatrice » dans le domaine de l’innovation, cette dernière est également nécessaire pour détruire le lien entre la mise à niveau des relations avec Israël et le processus de paix. Parvenir à une paix juste et durable entre Israël et ses voisins est un intérêt israélien avant qu’il ne soit un problème européen. L’intensification des relations économiques, scientifiques et technologiques entre l’Europe et Israël est une initiative d’intérêt conjointe israélo-européenne… Et peut-être même plus importante pour les européens que pour les israéliens.
L’Europe est l’un des alliés les plus importants d’Israël et a des liens historiques, culturels, scientifiques et économiques qui sont la pierre angulaire de cette relation complexe et riche. Pour les israéliens, l’Europe est un espace naturel pour la coopération en raison de sa proximité géographique et culturelle. Si l’Europe reste captive de son vieux paradigme, ‘innovation israélienne devra rechercher de nouveaux canaux. Dans une économie mondiale caractérisée par l’innovation, ne rien changer signifie être toujours en mouvement vers l’arrière, et freiner l’amélioration des relations avec l’Europe mènera les innovateurs israéliens à explorer d’autres marchés.
Par David Saranga – Adapté de son article publié dans Times of Israel par JSSNews
L’auteur est diplomate israélien, chef de liaison entre le Parlement Européen et la Mission Israélienne auprès de l’UE.
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14/03/12
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