26/02/2010



La liquidation d’un chef terroriste du Hamas le mois dernier dans un hôtel de Dubaï restera sans aucun doute dans les annales de l’espionnage moderne. Pas tellement par ce que l’opération a réussie et que le commando a pu repartir sans être inquiété, mais beaucoup plus parce que les caméras de surveillance de l’hôtel Al Bustan ont filmé les allées venues des agents secrets chargés de localiser et de tuer Mahmoud Al Mabhouh. Les images diffusées la semaine dernière par la police de Dubaï après un mois d’enquête sont, de ce point de vue, exceptionnelles et ce n’est sans doute pas par hasard qu’elles ont fait en quelques heures le tour de la planète. Ces images constituent en effet un document rarissime, presque unique. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut voir à l’œuvre des agents secrets en mission dans un pays qui n’est pas le leur en train de se livrer à une opération clandestine. Les désormais célèbres tennismen aperçus dans les couloirs de l’hôtel Al Bustan de Dubaï sont de ce point de vue d’ores et déjà passés à la postérité.
Mais au fait qui donc avait envoyé ces mystérieux agents déguisés en sportifs débraillés pour tuer l’un des chefs terroristes les plus dangereux du Moyen-Orient ? Le Mossad demeure silencieux comme c’est la règle dans ce type d’affaire. Mais pour les experts, il ne fait guère de doute que les légendaires services secrets israéliens ne sont pas totalement étrangers à l’opération.
En France, beaucoup de voix se sont élevés pour déplorer ce coup de maitre du Mossad.
C’est bien connu Israël a toujours tort.
La palme revient sans nul doute à mon éminent confrère de l’Humanité Hassane Zerouki qui a qualifié cette opération de « Fiasco du Mossad ».
Bien sûr, les experts en question de renseignements discuteront encore longtemps pour déterminer pour quelles raisons les agents secrets qui ont assassiné Mahmoud Al Mabhouh ont pris le risque de se laisser filmer par les caméras de surveillance de l’hôtel ? Peut-être n’avaient-ils tout simplement pas le choix. L’élimination du chef terroriste était sans doute guidée par des raisons impérieuses et au premier chef par la raison d’Etat.
Mais pour le reste, il faut bien avoir conscience que les protestations des chancelleries occidentales n’ont été que de pure forme et qu’il n’est pas certain qu’Israël affronte dans les prochains jours une crise diplomatique. Bien contraire. En privé, personne ne pleure le chef terroriste et tous les spécialistes du renseignement admirent le coup de maître réalisé par un mystérieux service secret dans les couloirs de l’hôtel Al Bustan à Dubaï.
Clément Weill-Raynal
Diffusé sur Radio Communauté Juive (RCJ)
Lundi 22 février 2010
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