04/02/2010



Jacques Tarnero
Lentement mais surement l’islamisme marque des points contre la République et contre ses principes fondateurs. Et c’est la République qui se déconsidère par ses positions timorées dès lors que ce sont ses fondements mêmes qui sont bafoués. Qu’est ce que la burqa sinon une atteinte à la liberté, celle des femmes ? Qu’est ce que la burqa sinon une atteinte contre le principe d’égalité entre les femmes et les hommes en réduisant la femme à un être invisible en tant qu’être humain et qu’est ce que la burqa sinon une agression contre cet autre principe républicain qui est la laïcité ? Fallait il vraiment tout le tintamarre du débat sur « l’identité nationale » quand par ailleurs l’Etat, le gouvernement, les élus, n’ont pas l’énergie de rappeler que des coutumes, des pratiques rétrogrades ne peuvent prendre le pas sur la loi de la République ? La République ne fait elle pas partie du patrimoine de ce pays ?
Par crainte de paraître « islamophobe » personne n’ose dénoncer cette agression et dénoncer d’abord cette imposture intellectuelle qui assimile critique de l’islam au racisme et ceci pour deux raisons : ce piège intellectuel confond deux concepts totalement différents. Dans ce piège, très astucieux, toute la classe politique est tombée. Or le rejet d’une religion ou la critique d’un texte, fut il supposé sacré, n’a rien à voir avec le racisme qui lui est le rejet d’une population, d’un groupe humain spécifique. Par ailleurs il ne s’agit certainement pas de dénigrer l’islam mais de rejeter les pratiques fanatiques de ceux qui prétendent parler en son nom en s’en appropriant le message pour mieux le dévoyer. Il devient tout de même difficile de penser que l’extrémisme religieux ne puise pas sa source dans une lecture fidèle des injonctions religieuses, tout comme il était difficile de séparer les pratiques staliniennes de leurs inspirations léninistes. C’est cette communauté mécanique de pensée qui explique, entre autres, la complaisance gauchiste à l’égard de l’islamisme. Jusqu’à nouvel ordre, au pays de Voltaire, il était admis que la liberté de penser, d’écrire, de ricaner, de se moquer, voire de caricaturer, faisait partie des libertés individuelles. Au moment où, au Danemark, un illuminé tente d’assassiner un des dessinateurs de caricatures de Mahomet, au moment même où des intégristes font preuve d’extrême violence, ici même, contre une femme algérienne pour une pièce de théâtre racontant le sort fait aux femmes en Algérie, au moment où un religieux musulman est lui même menacé pour avoir dénoncé le fanatisme islamiste, voilà que les représentants de la République ne sont pas capables de dire clairement « ça suffit ! » Quand un GIA tricolore tentera d’imposer sa loi en banlieue il se trouvera bien sûr des intellectuels de gauche pour poser la question « qui tue qui ? » et de considérer que tout le reste relève d’autant de pièges tendus au pouvoir d’achat de la classe ouvrière.
De quoi cet aveuglement est il le nom ? Après le temps des « idiots utiles » applaudis par Lénine, voici venu celui des « mécréants utiles » applaudis par Ahmadinedjad. Dans le cas d’Olivier Besancenot, on est en droit de penser qu’il cumule aisément les deux rôles. La conférence de Londres sur l’Afghanistan a elle aussi su trouver du charme aux « talibans modérés ». Quelle belle formule dont toutes les femmes afghanes savent apprécier l’humour ! A Paris la pantalonnade de la commission parlementaire d’enquête décidant de ne rien décider est un signe fort lancé aux islamistes. Ils peuvent remercier une République qui solde ses principes. La dérobade du parti socialiste décidant de fuir tout engagement sur ces questions en dit long sur son affaissement idéologique. Où sont donc passés les hussards de la République ? Si la République autant que l’identité nationale ne veulent pas rester des formules creuses, alors elles doivent chercher de meilleurs défenseurs.
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